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	<title>Caova.ch</title>
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	<description>Comité d'aide et d'orientation des victimes de l'amiante</description>
	<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 16:33:40 +0000</pubDate>
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		<title>Lettre ouverte à Monsieur Stephan Schmidheiny</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 21:14:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>iselin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A l'affiche]]></category>

		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Comité d’aide et d’orientation aux victimes de l’amiante, CAOVA était présent  à Turin lors de la dix-huitième session du procès de Turin où était entendu Thomas Schmidheiny , frère de Stephan Schmidheiny. « Le secteur amiante a toujours été le domaine de Stephan Schmidheiny », affirmé son frère devant le Tribunal. Ce grand capitaine d’industrie, milliardaire, est resté très discret sur les affaires de son frère, cherchant à le déresponsabiliser de ses charges.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:Zoom>0</w:Zoom> <w:HyphenationZone>21</w:HyphenationZone> <w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery>0</w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery> <w:DisplayVerticalDrawingGridEvery>0</w:DisplayVerticalDrawingGridEvery> <w:UseMarginsForDrawingGridOrigin /> </w:WordDocument> </xml><![endif]--> <!--[if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:Zoom>0</w:Zoom> <w:HyphenationZone>21</w:HyphenationZone> <w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery>0</w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery> <w:DisplayVerticalDrawingGridEvery>0</w:DisplayVerticalDrawingGridEvery> <w:UseMarginsForDrawingGridOrigin /> </w:WordDocument> </xml><![endif]--> <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Times-Roman;">celles qui n&#8217;osent ou ne savent pas le faire, paralysées</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><span style="font-family: Times-Roman;">qu&#8217;elles sont par votre silence, votre pouvoir, votre </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><span style="font-family: Times-Roman;">richesse, votre autorité… »</span></span></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/07/tract-caova-frit-47201011.pdf">lettre ouverte</a></p>
<p class="MsoNormal"><span><span style="font-family: Times-Roman;"><strong>L’amiante au banc des accusés :</strong></span></span><span><span style="font-family: Times-Roman;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><span style="font-family: Times-Roman;">Le Comité d’aide et d’orientation aux victimes de l’amiante, CAOVA était présent  à Turin lors de la dix-huitième session du procès de Turin où était <span> </span>entendu<span> </span>Thomas Schmidheiny , frère de Stephan Schmidheiny. « Le secteur amiante a toujours été le domaine de Stephan Schmidheiny », affirmé son frère devant<span> </span>le Tribunal. Ce grand capitaine d’industrie, milliardaire, est resté très discret sur les affaires de son frère, cherchant à le déresponsabiliser de ses charges. <span> </span>Le procès oppose plus 2900 parties civiles à deux prévenus, l’industriel suisse Stephan Schmidheiny, proriétaire du groupe Eternit entre 1973 et 1992 et <span> </span>le baron belge Cartier de Marchienne qui dirigea la firme en Italie entre 1966 et 1973. L’association CAOVA qui suit de près le procès a distribué la lettre d’une veuve vivant<span> </span>en Suisse qui a subi le même calvaire des victimes et des familles de victimes en Italie. Cette lettre destinée à Stephan Schmidheiny met le doigt sur le fait que le prévenu <span> </span>ne s’est jamais montré au procès et se cache derrière ses avocats et ses chefs d’entreprise, comme Léo Mittelhozer, délégué administratif d’Eternit en Italie à cette époque là et qui a aussi témoigné  au procès. </span></span></p>
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		<title>24 mai 2010 : Caova témoigne au procès de Turin</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jun 2010 06:59:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A l'affiche]]></category>

		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

		<category><![CDATA[Publications]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte rendu de l&#8217;audience du 24 mai 2010 au Tribunal de Turin
Notes sur le témoignage de F. Iselin, expert amiante de CAOVA.

En janvier 1997, CAOVA a apporté son témoignage et livré plusieurs documents sur l&#8217;affaire Eternit à la Polizia Giudiziaria de Turin qui l&#8217;avait convoqué. Ces informations, CAOVA les tenait de ses archives conservées depuis 1982, des témoignages recueillis auprès de victimes ou de leurs proches en Suisse et surtout grâce au dépouillement des documents d&#8217;Eternit, notamment de son journal d’entreprise pour les fabriques de Niederurnen et de Payerne. Cette ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Compte rendu de l&#8217;audience du 24 mai 2010 au Tribunal de Turin</strong></p>
<p><em>Notes sur le témoignage de F. Iselin, expert amiante de CAOVA.</em></p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/francois_iselin.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="size-medium wp-image-672" title="francois_iselin" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/francois_iselin.jpg" alt="témoignage du collaborateur scientifique de CAOVA" width="240" height="184" /></a></p>
<p>En janvier 1997, CAOVA a apporté son témoignage et livré plusieurs documents sur l&#8217;affaire Eternit à la <em>Polizia Giudiziaria</em> de Turin qui l&#8217;avait convoqué. Ces informations, CAOVA les tenait de ses archives conservées depuis 1982, des témoignages recueillis auprès de victimes ou de leurs proches en Suisse et surtout grâce au dépouillement des documents d&#8217;Eternit, notamment de son journal d’entreprise pour les fabriques de Niederurnen et de Payerne. Cette lecture a permis d&#8217;identifier plus de 6&#8242;000 travailleurs d’Eternit Suisse et par conséquent d&#8217;établir des statistiques fiables sur leur origine, leur état de santé, leur occupation, etc. En effet, ces informations, comme tant d&#8217;autres, sont tenues secrètes par la multinationale Eternit dont un journaliste avait dit que c&#8217;était «<em>la plus secrète au monde</em>».</p>
<p>Le 24 mai 2010, l’expert de CAOVA a été cité à témoigner par le Ministère public au Palais de Justice de Turin. Les questions du Procureur ont porté sur les pratiques industrielles d’Eternit, soit la protection de la santé des travailleurs, l&#8217;information sur les risques de l&#8217;amiante, la tonnage d&#8217;amiante utilisé au cours des années, la connaissance des risques par la direction d&#8217;Eternit. Il a été demandé au témoin que toutes les informations qu&#8217;il apporterait soient datées avec précision. En effet, la chronologie de ces données est essentielle pour déterminer la responsabilité des inculpés, Stephan Schmidheiny et Jean-Louis de Cartier de Marchienne, responsables d&#8217;Eternit Italie.</p>
<p>Voici le condensé approximatif des sujets abordés lors de l&#8217;audition et des réponses aux questions posées par le substitut du procureur Raffaele Guariniello :</p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong><strong>1) À propos de la pratique productiviste d&#8217;Eternit</strong></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Vu l&#8217;impact et le nombre de publications scientifiques concernant le risque de maladies dont les cancers pulmonaires chez les personnes qui inhalent de l&#8217;amiante et la légitime curiosité d&#8217;Eternit exploitante, transformatrice et distributrice d&#8217;amiante, il ne subsiste plus le moindre doute sur la connaissance de ces risques par la direction d&#8217;Eternit et ceci depuis 1950 au moins, année où la relation entre cancer pulmonaire et amiante fut incontestable.</p>
<p>Cependant, vers 1962 les risques d&#8217;asbestose, de plaques pleurales et de cancer pulmonaire se sont accrus dramatiquement par la confirmation que l&#8217;amiante produisait une autre maladie, le mésothéliome, soit d&#8217;un cancer de la plèvre, du péritoine ou du péricarde. L’évidence de la relation entre mésothéliome et inhalation d’amiante est alors reconnue universellement.</p>
<p>Ce cancer, aucunement lié au tabagisme, est incurable, mais ne se manifestait que plusieurs décennies après l&#8217;exposition. Ses nombreuses victimes, retraitées pour la plupart, ont pu être dissimulées aux statisticiens et aux médias, tout comme les victimes de cancers pulmonaires qui pouvaient être attribués au tabagisme, y compris passif.</p>
<p>Face à la suite des découvertes sur la nocivité de l&#8217;amiante, cette fibre est dès lors considérée comme une substance toxique et cancérigène. Ainsi, Eternit est confronté à l&#8217;alternative suivante, soit supprimer immédiatement l&#8217;amiante de ses produits - ce qu&#8217;elle fera sans peine dès 1980 - soit prioriser les bénéfices que lui apportent le tandem amiante et ciment, en niant et relativisant ses risques par tous les moyens et le plus longtemps possible.</p>
<p>C&#8217;est cette orientation qu&#8217;a choisie la multinationale Eternit dès la moitié du siècle passé ce qui lui a permis d&#8217;en prolonger l&#8217;extraction, la fabrication et la vente d&#8217;amiante-ciment durant près d&#8217;un demi-siècle avant son interdiction. Le rendement exceptionnel du marché de l&#8217;amiante-ciment, qui a rendu milliardaires les deux frères Schmidheiny, l&#8217;un fournissant l&#8217;amiante, l&#8217;autre le ciment, peut expliquer l&#8217;acharnement de ces frères à poursuivre coûte que coûte leur affaire.</p>
<p>Non seulement Eternit a continué à diffuser sa production mais elle l&#8217;a considérablement accrue, comme si, prévoyant la fin de l&#8217;amiante-ciment, elle voulait en profiter au maximum. En Suisse, berceau d&#8217;Eternit, la production a été doublée de 1962 à 1994. Qui plus est, Eternit n&#8217;a pas hésité à ouvrir de nouvelles fabriques d&#8217;amiante-ciment, dans les pays pauvres notamment. Ce choix coupable a eu pour conséquence une explosion du nombre de victimes de l&#8217;amiante dans les régions du monde où Eternit s&#8217;est implanté. Cette &#8220;catastrophe sanitaire&#8221; qui est loin d&#8217;être éradiquée, a été occultée pourtant pendant de longues années jusqu&#8217;à ce que les cancers de la plèvre et des poumons des salariés d&#8217;Eternit décédés soient comptabilisés, ce que CAOVA a tenté de faire faute d&#8217;études officielles.</p>
<p>Les historiens expliqueront peut-être une fois comment une poignée de chefs d&#8217;entreprise a pu exploiter, transformer et mettre sur le marché son cancérigène et ceci dans des régimes démocratiques, dans des États censés protéger la santé de ses populations et ceci sous la houlette d&#8217;organisations internationales telles que l&#8217;OIT ou et l&#8217;OMS censés défendre, respectivement, les conditions de travail et la prévention de la santé.</p>
<div id="attachment_673" class="wp-caption aligncenter" style="width: 232px"><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/niederurnen.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="size-medium wp-image-673" title="niederurnen" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/niederurnen.jpg" alt="usine Eternit en Suisse" width="222" height="144" /></a><p class="wp-caption-text">usine Eternit en Suisse</p></div>
<p><strong>2) Comment exploiter l&#8217;amiante le plus longtemps possible.</strong></p>
<p>Pour poursuivre pendant des décennies son marché, malgré les risques avoués et la multiplication du nombre de malades et de décès comme suite à une exposition à l&#8217;amiante, Eternit a construit un arsenal médiatique pour se protéger des scientifiques, des médias, des élus et de l&#8217;opinion publique.</p>
<p>Quant aux salariés d&#8217;Eternit, point de craintes pour leur employeur. Ils sont sous contrôle étroit d&#8217;une direction paternaliste brandissant le &#8220;bâton&#8221; du licenciement, de la dénonciation, de la rétrogradation de son poste et la &#8220;carotte&#8221; d&#8217;une hypothétique promotion, d&#8217;une participation à l&#8217;innovation, à l&#8217;équipe sportive maison ou à l&#8217;organisation des festivités… Les médias ne se risquent plus à approcher les portails des fabriques et les syndicats indépendants finissent par baisser les bras face à des travailleurs leurrés par les harangues paternalistes. Les organisations de défense des travailleurs sont espionnées et les syndicats sont proscrits. Par exemple, on a su par les lettres confidentielles de Stephan Schmidheiny à son complice italien Luigi Giannitrapani avec quelle ardeur il fit la chasse au syndicaliste Charles Levinson qui voulait protéger la santé des travailleurs. L&#8217;organisation des travailleurs et les menaces d&#8217;interdiction de l&#8217;amiante ont été le cauchemar des frères Schmidheiny.</p>
<p>Seuls des naïfs croient encore à la transparence de la multinationale Eternit. En fait, elle a toujours menti et pour que ces mensonges restent secrets, elle fonctionnait avec une double organisation : l’une secrète et l’autre officielle.</p>
<p>C’est ainsi que Stephan Schmidheiny contrôlait SPA (Italie). Stephan avait un &#8220;complice&#8221; dans le conseil d’administration: Monsieur Luigi Giannitrapani, administrateur délégué d’Eternit à Gênes auquel il écrivait des lettres secrètes, non pas concernant l’administration courante de l’entreprise mais, sur les questions essentielles de l’avenir de l’entreprise. C’est ainsi qu’il s’inquiète des conséquences de l’interdiction de l’amiante en Suède, de la mobilisation des travailleurs italiens prévue en 1978 qui auraient été informés par Monsieur Levinson, organisateur de réunions syndicales portant ombrage à Eternit et sur la grève de travailleurs d’Eternit ayant eu lieu en Turquie. Une nombreuse correspondance entre Stephan Schmidheiny et son complice a été retrouvée par hasard dans une usine italienne.</p>
<p>C&#8217;est donc face à l&#8217;opinion publique, les entrepreneurs consommateurs d&#8217;amiante-ciment, les décideurs que sont les architectes et les ingénieurs, face aux administrations publiques, gros consommateurs de produits Eternit que la multinationale va dresser son arsenal défensif. Cette guerre pour le maintien de l&#8217;amiante-ciment durera en Europe des années 1950-60 à 1980-90. Mais elle se poursuit et s&#8217;intensifie ailleurs. Voici l&#8217;inventaire des armes défensives utilisées successivement par Eternit.</p>
<p><strong>1 <span> </span>&#8220;L&#8217;amiante peut être utilisé sans risques&#8221;</strong></p>
<p>La première arme utilisée est de propager l’idée que l’amiante peut être utilisé sans risques moyennant certaines mesures de sécurité dont le nettoyage des lieux de travail, la ventilation des postes à risque, l’utilisation de nouveaux outils de travail de l&#8217;amiante-ciment susceptibles de disperser moins de fibres, etc. L&#8217;arme de &#8220;l&#8217;usage contrôlé de l&#8217;amiante&#8221;, a été inventée par son principal exportateur et promoteur, le Quebec. Ce fut le premier mensonge qu&#8217;ils propagèrent lors des conférences sur l&#8217;amiante du BIT, le second étant que les fibres de substitution seraient plus dangereuses encore…</p>
<p><em>Pourtant, une simple observation des mines d&#8217;amiante, des fabriques d&#8217;amiante-ciment, des chantiers où il était manipulé suffisait à dénoncer l&#8217;illusion d&#8217;un &#8220;usage contrôlé&#8221;. Comment peut-on contrôler les invisibles et inodores nuages omniprésents de fibres microscopiques ? Face à ce discours lénifiant, les toxicologues ont immédiatement répliqué : &#8220;la seule précaution est l&#8217;interdiction&#8221;. </em></p>
<p><strong>2<span> </span>&#8220;Il suffit d&#8217;être en dessous d&#8217;une concentration maximum&#8221;</strong></p>
<p>Pour prétendre que l’amiante pouvait être utilisé de façon sûre, Eternit a exploité les prétendues mesures de concentration d’amiante sur le lieu de travail. Un certain nombre de fibres par volume d&#8217;air ne devait pas être dépassé. Ces concentrations maximums admissibles n&#8217;ont cessé d&#8217;être révisées à la baisse au point que l&#8217;on a fini par affirmer qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de seuil minimum: &#8220;Une seule fibre d&#8217;amiante inhalée peut provoquer un cancer&#8221; .</p>
<p>À cet effet Eternit a créé son secteur <em>Amiantus,</em> censé réduire les risques sanitaires sur les lieux de travail. Les mesures de concentration d&#8217;amiante faites par Amiantus se sont avéré totalement inutilisables.</p>
<p><em>Cette parade d&#8217;Eternit souffrait d&#8217;une série de défauts qui ont curieusement &#8220;échappé&#8221; aux institutions de santé publique.</em></p>
<p><em>-<span> </span>Amiantus n&#8217;était pas neutre comme doit l&#8217;être tout expert affecté à la protection de la santé publique.</em></p>
<p><em>- <span> </span>Les rares mesures effectuées dans les usines suisses n&#8217;étaient que ponctuelles et locales. La pratique des mesurages enseigne que les concentrations d&#8217;amiante varient continuellement d&#8217;un moment et d&#8217;un lieu à l&#8217;autre. Les &#8220;bouffées&#8221; d&#8217;amiante sont fréquentes, imprévisibles et souvent inexplicables. </em></p>
<p><em>-<span> </span>L&#8217;exposition des travailleurs ne se limitait pas au poste de travail. Leur habitat pouvait être tout aussi dangereux, pour eux et leur famille. En effet pendant longtemps les vêtements de travail pleins d&#8217;amiante, les chutes et sacs d&#8217;amiante, offerts généreusement par l&#8217;employeur, propageaient les fibres hors de l&#8217;usine. La proportion de mésothéliomes par exposition domestique, environnementale et paraprofessionnelle est considérable. </em></p>
<p><em>-<span> </span>Pour mesurer les doses d&#8217;amiante inhalées par les travailleurs il aurait fallu qu&#8217;ils portent en permanence un masque respiratoire muni d&#8217;un détecteur de particules du type FAM (Fibrus aerosol monitor). Mais non seulement ce genre de dosimètre de fibres d&#8217;amiante n&#8217;existe pas, mais il aurait été impossible à porter: un tel harnachement rendant impossible toute activité laborieuse. À la différence de l’exposition aux radiations nucléaires dont la dose reçue peut être enregistrée par un dosimètre individuel, porté par chaque travailleur, dans le cas de l’amiante, cette dosimétrie s’avère illusoire.</em></p>
<p><em>-<span> </span>Ainsi, les soit-disant mesures de concentration de fibres dans l&#8217;air respirable, inhalées par le personnel – y compris celles que nous avons effectuées à Eternit Payerne – sont inutilisables faute d&#8217;être faites en continu, en de nombreux points de l&#8217;usine et y compris à la cantine, au café et aux domiciles des travailleurs. </em></p>
<p><em>- <span> </span>Même au cas ou ces mesures auraient été faites correctement, les taux mesurés, biens qu&#8217;ils fussent inférieurs au normes étaient probablement susceptibles de provoquer des cancers. Comme on le disait dans les milieux scientifiques, dans le cas de l&#8217;amiante il n&#8217;y a pas de valeurs limites.</em></p>
<p><em>-<span> </span>Notons enfin qu&#8217;Eternit en mettant sur le marché un produit dangereux devait s&#8217;assurer que ses utilisateurs ne soient pas menacés. C&#8217;était le cas des consommateurs de bacs, caissettes, sièges, vasques en amiante-ciment, des personnes habitant un lieu muni d&#8217;amiante-ciment, des écoliers dans baraquements provisoires et évidemment de toute profession – bâtiment et génie civil en particulier – où le produit est élaboré.</em></p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/nicalit.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="alignnone size-medium wp-image-677" title="nicalit" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/nicalit.jpg" alt="" width="250" height="206" /></a></p>
<p><strong>3<span> </span>&#8220;L&#8217;amiante est irremplaçable&#8221;</strong></p>
<p>La deuxième arme utilisée par Eternit consistait à prétendre que l’amiante, &#8220;fibre magique&#8221; était irremplaçable.</p>
<p><em>La liste des fibres de remplacement fut publiée vers 1970-80. Du sisal-ciment était déjà produit par Eternit en Amérique Centrale. De plus, à cette affirmation fallacieuse, les constructeurs pouvaient répondre que l&#8217;amiante-ciment, cassant, non recyclable et dévoreur d&#8217;énergie grise, n&#8217;avait pas nécessairement à être remplacé. Eternit a dû reconnaître l&#8217;inanité de son slogan lorsque ses produits sans amiante se sont avérés bien meilleurs que les précédents. Reste que des doutes subsistent sur l&#8217;opportunité écologique de fabriquer du fibre-ciment.</em></p>
<p><strong>4<span> </span>&#8220;Le remplacement de l&#8217;amiante sera laborieux &#8221; </strong></p>
<p>Une autre arme consistait à propager l’idée que face aux risques de l’amiante, il était nécessaire de trouver des fibres de substitution mais que cela prendrait beaucoup de temps. Cette soit-disant recherche de fibres alternatives (dites &#8220;nouvelles technologies&#8221; ou NT) a permis à la multinationale de prolonger encore l&#8217;usage de l&#8217;amiante pendant une dizaine d&#8217;années.</p>
<p><em>L&#8217;amiante a effectivement des propriétés particulières. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas de tous les matériaux ! Prétendre chercher des fibres l&#8217;amiante qui ne le serait pas relève de la pure duperie. Cette nonchalance à trouver des fibres de substitution était en plus justifiée par le fait qu&#8217;elles pourraient être plus toxiques encore que l&#8217;amiante ! </em></p>
<p><strong>5 <span> </span>&#8220;Quoiqu&#8217;interdit, l&#8217;amiante ne peut être abandonné&#8221; <span> </span></strong></p>
<p>Lors de l&#8217;interdiction de l&#8217;amiante par l&#8217;État suisse à la fin 1989, Eternit a prétendu qu&#8217;il ne pourrait pas s&#8217;en passer.</p>
<p><em>Il a ainsi été autorisé par l&#8217;État à transgresser l&#8217;interdiction et poursuivre son usage pendant quatre ans. Mais cette dérogation en a appelé d&#8217;autres et l&#8217;amiante est encore utilisé en Suisse en 2010 par plusieurs entreprises dont l&#8217;activité reste confidentielle. </em></p>
<p><strong>6<span> </span>&#8220;Ce sont les flocages à l&#8217;amiante qui sont dangereux&#8221;</strong></p>
<p>Si les risques de cancers de l&#8217;amiante sont prouvés scientifiquement dès les années 50, la découverte de ces risques par la population des pays industrialisés francophones ne commence que dès les années 70. Ce sont les alertes d&#8217;Amisol, de Ferrodo, de l&#8217;université de Jussieu qui déclencheront les campagnes d&#8217;information sur les dangers de l&#8217;amiante, occultés pendant si longtemps tant par les pouvoirs publics que privés. La lente sensibilisation des populations sur les risques des flocages a été utilisée par Eternit pour prolonger sa production. Son argument d&#8217;alors était que non seulement Eternit ne faisait pas de flocages d&#8217;amiante pur mais que son amiante étant pris dans du ciment ne présentait pas de danger. Ce nouveau mensonge coupable a une fois de plus dû être contredit par les scientifiques.</p>
<p><em>Eternit utilisant la quasi-totalité de l&#8217;amiante importé, les flocages aussi dangereux fussent-ils étaient réduits. Si l&#8217;on comptait en Suisse 4&#8242;000 bâtiments floqués, les bâtiments pourvus d&#8217;Eternit, de Pical ou de Gea se comptent par centaines de milliers. De plus, si les travaux de flocage étaient extrêmement dangereux, ils étaient limités en nombre alors que l&#8217;usinage de l&#8217;amiante-ciment provoquant la dispersion des fibres se faisait sur pratiquement tous les chantiers du bâtiment et du génie-civil. </em></p>
<p><em>Enfin, il y a été démontré que si les fibres à l&#8217;intérieur des plaques d&#8217;Eternit étaient effectivement noyées dans le ciment, celles en surface, visibles ne l&#8217;étant nullement et pouvaient se disperser dans l&#8217;air respirable par le moindre frottement ou érosion. Notons enfin que bien que les statisticiens soient muets sur ces questions cruciales, la majorité des victimes de cancers de l&#8217;amiante ont travaillé l&#8217;amiante-ciment plus que tout autre produit amianté. </em></p>
<p><strong>3)<span> </span>La fausse liquidation de l&#8217;amiante-ciment </strong></p>
<p>Comme à son habitude, forcé à liquider l&#8217;amiante, Eternit a privilégié ses intérêts financiers aux intérêts de la collectivité. Cette démission face aux dégâts causés par la multinationale est typique des pollueurs non payeurs. Mais dans le cas d&#8217;Eternit, ce n&#8217;est pas seulement la pollution de ses sites industriels, de ses usines, des cours d&#8217;eau, des décharges de déchets d&#8217;amiante-ciment mais la contamination de dizaines de centaines de milliers de salariés tous menacés de mort prématurée. Sa seule prévention a consisté à prévenir une perte de ses profits.</p>
<p><strong>1<span> </span>Sauver l&#8217;affaire, la marque et les profits…</strong></p>
<p>L&#8217;arsenal de tromperies qui permettaient à Eternit de prolonger son commerce s&#8217;épuisant sous les coups des scandales, le remplacement de l&#8217;amiante – nommée pompeusement &#8220;Nouvelle Technologie&#8221; – s&#8217;imposa. Face à la mobilisation des syndicats et le battage des médias informés par quelques scientifiques engagés, Eternit devait à tout prix sortir de l&#8217;impasse.</p>
<p>Sa priorité a été de sauver sa marque de fabrique, ses usines, ses centres de distribution et son personnel. A cet effet, après avoir créé <em>Amiantus</em> pour faire le ménage dans la production d&#8217;amiante-ciment, elle fonda <em>Amindus </em>pour préparer sa substitution en &#8220;fibres-ciment&#8221;. La nécessité d&#8217;engager un processus de substitution fut décrite non pas comme l&#8217;échec de l&#8217;amiante-ciment mais comme la volonté de l&#8217;entreprise d&#8217;innover pour mieux vendre.</p>
<p>De fait, cette soit-disant NT était une ancienne recette qu&#8217;Eternit avait jadis discréditée. Des matériaux en fibres-ciment constitués de ciment et de cellulose étaient fabriqués en Suisse bien avant qu&#8217;ils ne soient absorbés et supprimés par Eternit. De plus, des NT existaient bien avant que Eternit ne veuille les remplacer: les matériaux de couverture opaque ou transparente, les bacs, les conduites en matière plastique légères et recyclables, des feuilles métalliques ondulées ou nervurées thermolaquées, les verres émaillés détrônaient l&#8217;Eternit bien avant qu&#8217;il ne fût &#8220;NT&#8221;.</p>
<p>Le marché d&#8217;Eternit se réduisait non seulement parce que l&#8217;amiante l&#8217;avait discrédité, mais parce que le ciment micro armé, quel qu&#8217;en soient les fibres, était dépassé par les verres, les plastiques, les métaux, tous recyclables, certains plus résistants, plus légers, plus durables…</p>
<p>Il est fort probable que Stephan Schmidheiny ait pris conscience du double échec de l&#8217;amiante et du ciment micro armé. Ce sont probablement ces échecs qui le décidèrent à démissionner de la multinationale Eternit pour en fonder une nouvelle &#8220;écologique&#8221;, fondée sur d&#8217;autres ressources &#8220;prometteuses&#8221; que l&#8217;amiante, telles l&#8217;eau, les forêts, les bois exotiques, les produits agricoles, les énergies renouvelables, les œuvres d&#8217;art…</p>
<p><strong>2<span> </span>Négliger les pollutions par l&#8217;amiante-ciment.</strong></p>
<p>En un siècle en Europe et pendant des décennies ailleurs, Eternit a dispersé des montagnes d&#8217;amiante dans les villes et les campagnes sous forme de plaques dures et de cartons friables. La première mesure que devait prendre Eternit était de &#8220;rappeler&#8221; ces produits aux usines pour être retraités comme le fait tout fabricant d&#8217;un produit dangereux ou défectueux. Une fraction des milliards accumulés indûment par la famille Schmidheiny depuis les années &#8216;50 devait être mise à profit pour financer le démontage, évacuation et décontamination des toitures et façades en AC, le désamiantage des constructions, le remplacement de l&#8217;Eternit, du Pical, du Gea, etc. et l&#8217;élimination des déchets. Or non seulement rien n&#8217;a été fait mais Eternit continue à laisser entendre que ses produits amiantés sont inoffensifs !</p>
<p><strong>3<span> </span>Abandonner les contaminés, les malades et les morts…</strong></p>
<p>La démission d&#8217;Eternit face à ses victimes a été qualifiée de &#8220;non-assistance à personne en danger&#8221;. Tous les travailleurs d&#8217;Eternit dans le monde, y compris sa direction et le propre Stephan Schmidheiny, ont de l&#8217;amiante dans les voies respiratoires. Ils sont par conséquent en danger et devaient impérativement être informés des risques et suivis médicalement. Or Eternit n&#8217;en a rien fait. Alors que la multinationale détient les dossiers personnels et médicaux de chacun de ses employés dans le monde, aucun n&#8217;a été informé des risques pendant son emploi qu&#8217;après. Sa seule &#8220;contribution&#8221; a été de promettre une indemnisation en cas de maladie ou de décès… à condition que la victime et ses proches renoncent à saisir la justice.</p>
<p><strong>4)<span> </span>Le rôle déterminant de Stephan Schmidheiny</strong></p>
<p>Directeur le la multinationale entre 1975 et 1990, il a joué un rôle crucial au cours de la période comprise entre la connaissance des risques de l&#8217;amiante et son abandon. Il détenait toutes les informations et les moyens humains et technologiques pour abandonner l&#8217;amiante dont il avoue en connaître les risques mortels depuis 1965.</p>
<p>Sous la direction de S. Schmidheiny. plus de 1/3 de tout l&#8217;amiante importé est entré en Suisse. Les flocages à l&#8217;amiante ayant cessé dès 1973, il est plus que probable que ce tonnage l&#8217;a été pour Eternit.</p>
<p>Pour se débarrasser de la mauvaise publicité du mortel amiante-ciment, et de la sienne propre, Stephan Schmidheiny a démissionné en 1990 et &#8220;vend&#8221; Eternit à son frère Thomas qui la &#8220;revend&#8221; à son tour en 2003. Celà dit, quelques que soit le nom de l&#8217;entreprise et de son propriétaire, l’empire Eternit reste ce qu’il a été depuis 1920: mêmes secrets, mêmes trucages, même cupidité.</p>
<p>Il n&#8217;en reste pas moins que même au cas où l&#8217;amiante des Schmidheiny avait été éliminé de ses fabriques, ses bâtiments, des décharges sauvages, il demeure dans les poumons de dizaines de milliers de personnes qui en mourront inévitablement. C&#8217;est la raison pour laquelle la catastrophe provoquée par Eternit est loin d&#8217;être dépassée.</p>
<p><span> </span>CAOVA, 4 juin 2010</p>
<p><strong>NB: Une version de cet article complétée par les références publicitaires, médiatiques et bibliographiques est à disposition des personnes qui le demanderaient à CAOVA.</strong></p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/24-mai-2010-turin.pdf">24-mai-2010-turin</a></p>
<p><a href="http://asbestosinthedock.ning.com/profiles/blogs/field-report-day-13-unveiling">compte-rendu sur le site asbestos in the dock</a></p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/traduzione-en-italien-24052010.pdf">traduzione en italien</a></p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/april_6th_2009_eternittrial-1.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="alignnone size-medium wp-image-680" title="6 avril 2009, Caova au procès de Turin" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/april_6th_2009_eternittrial-1.jpg" alt="" width="300" height="178" /></a></p>
<p>«</p>
<p>Sur le même sujet, article paru dans l&#8217;événement syndical du 23 juin 2010</p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/06/ev-synd-230610.pdf">ev-synd-23 06 10</a></p>
<p><strong>Eternit connaissait les dangers de l&#8217;amiante depuis très longtemps</strong></p>
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		<title>Journée mondiale pour la santé au travail : hommage aux victimes de l&#8217;amiante</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 10:57:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>administrateur</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A l'affiche]]></category>

		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 28 avril, comme chaque année depuis 2003, l&#8217;Organisation internationale du travail appelle à observer une journée particulière dédiée à la santé et la sécurité au travail.
Un hommage tout particulier est dédié aux victimes de l&#8217;amiante partout dans le monde.
A Casale Monferrato une soirée de célébration de soutien aux victimes a lieu le 28 avril  dès 20heures. Romana Blasotti Pavesi, présidente de l&#8217;association des familles des victimes introduit la célébration, suivi par un film documentaire Indistruttibile et d&#8217;un autre documentaire, la citta que cresce.  Diverses interventions de militants syndicaux et ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 28 avril, comme chaque année depuis 2003, l&#8217;Organisation internationale du travail appelle à observer une journée particulière dédiée à la santé et la sécurité au travail.</p>
<p>Un hommage tout particulier est dédié aux victimes de l&#8217;amiante partout dans le monde.</p>
<p>A Casale Monferrato une soirée de célébration de soutien aux victimes a lieu le 28 avril  dès 20heures. Romana Blasotti Pavesi, présidente de l&#8217;association des familles des victimes introduit la célébration, suivi par un film documentaire Indistruttibile et d&#8217;un autre documentaire, la citta que cresce.  Diverses interventions de militants syndicaux et d&#8217;associations de victimes internationales sont présentées autour d&#8217;une table ronde.</p>
<p>Soutenez cette manifestation. D&#8217;autres informations suivront.</p>
<div id="attachment_638" class="wp-caption alignnone" style="width: 183px"><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/04/candlelight_11.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="size-medium wp-image-638" title="candlelight_11" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/04/candlelight_11.jpg" alt="marche de solidarité aux bougies à Casale" width="173" height="173" /></a><p class="wp-caption-text">marche de solidarité aux bougies à Casale</p></div>
<p><strong> APRILE – 5a GIORNATA MONDIALE DELLE VITTIME DELL&#8217;AMIANTO - TEATRO MUNICIPALE – CASALE MONFERRATO</strong></p>
<p>a night of celebration will held in collaboration with our French friend from the association ANDEVA in Casale Monferrato.</p>
<p><strong>ore 20.40</strong><br />
Saluto di <strong>Romana Blasotti Pavesi</strong> – presidente Associazione Famigliari Vittime Amianto,<br />
del presidente ANDEVA – <strong>Alain Guérif</strong>, Associazione nazionale delle vittime dell&#8217;amianto francese<br />
e del segretario regionale del sindacato UNIA Ticino-Svizzera <strong>Saverio Lurati</strong></p>
<p>Saluto delle AUTORITA&#8217;</p>
<p><strong>ore 21.10</strong><br />
Il regista <strong>Michele Citoni</strong> presenta “Indistruttibile”<br />
documentario sulla storia della lotta contro l&#8217;amianto dell&#8217;ETERNIT di Casale</p>
<p><strong>ore 22.10</strong><br />
“La città che cresce” - documentario con attrice protagonista <strong>Ottavia Piccolo</strong></p>
<p><strong>ore 22.20</strong><br />
Tavola rotonda con i rappresentanti delle Associazioni e Organizzazioni Sindacali italiane, francesi e svizzere sulle iniziative di collaborazione internazionali – moderatore <strong>Silvana Mossano</strong>, giornalista</p>
<p>cette information est tirée de</p>
<p>http://asbestosinthedock.ning.com/</p>
<p><!--StartFragment--><!--EndFragment--></p>
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		<title>Procès de Turin, face au silence de la mort de la firme Eternit, rompre l&#8217;impunité</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 22:11:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>iselin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Face au silence de mort de la firme Eternit&#8230; Rompre l&#8217;impunité ! Tel est le sens de la rencontre organisée par Ban Asbestos à Turin les 15 et 16 mars 2010. Des témoignages venant de trois continents &#8230; Des luttes pour que justice soit rendue aux victimes de cette catastrophe planétaire annoncée &#8230; La solidarité au coeur de la &#8220;mondialisation d&#8217;en bas&#8221;&#8230; Pour plus d&#8217;information, voilà le programme
programme-turin-15-16-mars-2010
A cette occasion, l&#8217;association CAOVA a distribué le tract suivant :
Combien d&#8217;immigré.e.s italien.ne.s ont été victimes de S. Schmidheiny ?
et délaissé.e.s par leur ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: xx-small;">Face au silence de mort de la firme Eternit&#8230; Rompre l&#8217;impunité ! Tel est le sens de la rencontre organisée par Ban Asbestos</span><span style="font-size: xx-small;"> à Turin les 15 et 16 mars 2010. Des témoignages venant de trois continents &#8230; Des luttes pour que justice soit rendue aux victimes de cette catastrophe planétaire annoncée &#8230; La solidarité au coeur de la &#8220;mondialisation d&#8217;en bas&#8221;&#8230; Pour plus d&#8217;information, voilà le programme</span></p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/03/programme-turin-15-16-mars-2010.doc">programme-turin-15-16-mars-2010</a></p>
<p>A cette occasion, l&#8217;association CAOVA a distribué le tract suivant :</p>
<p><strong>Combien d&#8217;immigré.e.s italien.ne.s ont été victimes de S. Schmidheiny ?</strong></p>
<p><strong>et délaissé.e.s par leur assurance la SUVA ?</strong></p>
<p>Prenez connaissance du tract qui comporte une série de renseignements très importants.</p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/03/caova-frit-15-3-10-r1.pdf">caova-frit-15-3-10-r1</a></p>
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		<title>A Thévenaz-Leduc (Vaud) Des risques inconsidérés ont été pris !</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 15:21:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Articles &amp; Presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Certaines entreprises minimisent les risques liés à l&#8217;amiante pour leurs employés. La société Thévenaz-Leduc, située dans l&#8217;Ouest lausannois, a fait découper un wagon du MOB en décembre alors que celui-ci aurait dû être confié à des spécialistes de la fibre cancérigène. Des travailleurs ont sans doute inhalé des fibres toxiques. La Suva et l&#8217;UNIA suivent le cas de près.
Cet article a été publié dans l&#8217;événement syndical du 3 février 2010. Rédaction: Christophe Koessler
amiante-thevenaz1
ˆ
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Certaines entreprises minimisent les risques liés à l&#8217;amiante pour leurs employés. La société Thévenaz-Leduc, située dans l&#8217;Ouest lausannois, a fait découper un wagon du MOB en décembre alors que celui-ci aurait dû être confié à des spécialistes de la fibre cancérigène. Des travailleurs ont sans doute inhalé des fibres toxiques. La Suva et l&#8217;UNIA suivent le cas de près.</p>
<p>Cet article a été publié dans l&#8217;événement syndical du 3 février 2010. Rédaction: Christophe Koessler</p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/02/amiante-thevenaz1.pdf">amiante-thevenaz1</a></p>
<p>ˆ</p>
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		</item>
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		<title>L&#8217;accusé Stephan Schmidheiny savait les dangers de l&#8217;Eternit dès 1965</title>
		<link>http://caova.ch/?p=595</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 18:11:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>iselin</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;association CAOVA a distribué le 25 janvier, deuxième session du procès le tract ci-joint.
Ce tract a été très bien reçu par les associations de victimes présentes au procès qui exigent que justice soit faite.
voici le contenu du tract
tract-caova-25-1-10
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;association CAOVA a distribué le 25 janvier, deuxième session du procès le tract ci-joint.</p>
<p>Ce tract a été très bien reçu par les associations de victimes présentes au procès qui exigent que justice soit faite.</p>
<p>voici le contenu du tract</p>
<p><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/01/tract-caova-25-1-10.pdf">tract-caova-25-1-10</a></p>
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		<title>De la prison pour les dirigeants d’Eternit,</title>
		<link>http://caova.ch/?p=570</link>
		<comments>http://caova.ch/?p=570#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 22:21:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[« C’est une journée historique »
Ce sont trente années d’une lutte incessante et incertaine qui trouvent leur aboutissement en ce 10 décembre 2009 " lance donc Nicola Pondrano, le secrétaire de la Bourse du Travail de Casale Monferrato, à l’adresse de la foule aux banderoles colorées qui s’est massée sur l’avenue Giovanni-Falcone.  Ce rassemblement aux marches du palais de justice est composé d’ouvriers de la Fiat et de ThyssenKrupp à Turin, de diverses délégations régionales italiennes mais aussi suisses, belges et françaises



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			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:Zoom>0</w:Zoom> <w:HyphenationZone>21</w:HyphenationZone> <w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery>0</w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery> <w:DisplayVerticalDrawingGridEvery>0</w:DisplayVerticalDrawingGridEvery> <w:UseMarginsForDrawingGridOrigin /> </w:WordDocument> </xml><![endif]--> <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;"><strong>De la prison pour les dirigeants d’Eternit,</strong></span></p>
<div id="attachment_576" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/12/image_59554619.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="size-medium wp-image-576" title="association victimes italiennes" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/12/image_59554619.jpg" alt="Romana Blasotti" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">R</p></div>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;">C’est ce que souhaite Nicola Pondrano, le secrétaire de la Bourse du Travail de Casale Monferrato, qui retient son émotion lui aussi en évoquant à l’entrée du tribunal « les dizaines et les dizaines de camarades de travail que nous avons portés en terre alors qu’ils avaient à peine dépassé la cinquantaine ». Ce sont trente années d’une lutte incessante et incertaine qui trouvent leur aboutissement en ce 10 décembre 2009. « C’est une journée historique », lance donc le syndicaliste à l’adresse de la foule aux banderoles colorées qui s’est massée sur l’avenue Giovanni-Falcone.  Ce rassemblement aux marches du palais de justice est composé d’ouvriers de la Fiat et de ThyssenKrupp à Turin, de diverses délégations régionales italiennes mais aussi suisses, belges et françaises </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;">C’est ce que souhaitent de nombreuses associations de victimes italiennes » C’est ce que souhaite Romana Blasotti, présidente de l’association des familles des victimes. Elle a perdu son mari, sa sœur, sa cousine, son neveu et sa fille. Des victimes qui n’ont jamais mis les pieds dans l’usine de Casale <span> </span>mais qui ont été touchées par exposition environnementale. Romana Blasotti attend ce jour depuis 20 ans. <span> </span>C’est ce que souhaitent aussi <span> </span>50 membres du Caper Bourgogne qui exposent sur de grands panneaux noirs, 97 photos de travailleurs de Vitry-en-Charolais à qui « Eternit a offert l’éternité ». Ils souhaitent qu’un tel procès puisse avoir lieu en France. Les avocats Jean-Paul Teissonnière et Sylvie Topaloff s’y emploient qui, après la mise en examen de l’ex-patron d’Eternit France, Joseph Cuvelier, vont prochainement saisir le parquet pour des compléments d’enquête concernant notamment Valeo, Ferrodo, la DCN et les chantiers navals</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;">C’est ce que souhaitent aussi les membres de l’association CAOVA qui étaient présents devant le Tribunal avec les photos des victimes en Suisse et ce slogan particulièrement frappant : « Monsieur Schmidheiny, nous vous attendons aussi en Suisse. »</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;">Le procès a débuté avec la déclaration du Président du Tribunal : « Monsieur Cartier de Marchienne et Monsieur Schmidheiny ne seront pas présents, ils seront jugés par contumace « </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;">La déception se lisait sur les visages. Mais la ténacité des 3000 plaignants et leur engagement <span> </span>qui leur a permis de dépasser tous les obstacles des avocats de la multinationale sera le garant d’une suite déterminante où les accusés devront enfin rendre compte de leur crime social. </span></p>
<div id="attachment_571" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/12/aa-6787reduite.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="size-medium wp-image-571" title="procès de Turin" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/12/aa-6787reduite-300x185.jpg" alt="une délégation de CAOVA était présente" width="300" height="185" /></a><p class="wp-caption-text">une délégation de CAOVA était présente</p></div>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: 7pt; line-height: 16pt;"><span style="font-family: ArialMT;">En Suisse, à quand un tel procès ?</span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		</item>
		<item>
		<title>A Turin, le grand procès de l’amiante</title>
		<link>http://caova.ch/?p=558</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 17:10:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>iselin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Articles &amp; Presse]]></category>

		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-07-Amiante
lundi 7 décembre 2009
A Turin, le grand procès de l’amiante
Le 25 novembre, M. Joseph Cuvelier, directeur d’Eternit France entre 1972 et 1994, accusé d’avoir exposé ses salariés à l’amiante, a été mis en examen pour « blessures et homicides involontaires ». En Italie, c’est un procès capital qui va s’ouvrir, à Turin, le 10 décembre : deux hauts dirigeants d’Eternit, le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, comparaissent pour « désastre sanitaire ». Des milliers de personnes se sont portées parties civiles. A ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/07/ouverture-proces-turin.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="alignnone size-medium wp-image-735" title="ouverture-proces-turin" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2010/07/ouverture-proces-turin-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-07-Amiante</span></p>
<p><strong>lundi 7 décembre 2009</strong></p>
<p><strong>A Turin, le grand procès de l’amiante</strong></p>
<p>Le 25 novembre, M. Joseph Cuvelier, directeur d’Eternit France entre 1972 et 1994, accusé d’avoir exposé ses salariés à l’amiante, a été mis en examen pour « blessures et homicides involontaires ». En Italie, c’est un procès capital qui va s’ouvrir, à Turin, le 10 décembre : deux hauts dirigeants d’Eternit, le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, comparaissent pour « désastre sanitaire ». Des milliers de personnes se sont portées parties civiles. A Casale Monferrato, dans le Piémont, c’est toute la ville qui a été, et est encore, recouverte de poussière d’amiante.</p>
<p>Romana Blasotti et Stephan Schmidheiny finiront-ils par se croiser un jour ? Au Tribunal de Turin, peut-être, dans les mois qui viennent…</p>
<p>Quelque chose les réunit, qui a lié pour toujours l’histoire de leurs deux familles. Une fibre microscopique aux propriétés « miraculeuses » (1), à l’origine du premier crime industriel de masse à l’échelle planétaire : l’amiante. Elle a ravagé la famille et la vie de la première ; le second s’efforce d’oublier et de faire oublier qu’il fut à la tête d’un empire qui étendait ses ramifications sur tous les continents.</p>
<p>Quand, au lendemain de la seconde guerre mondiale, le père Blasotti franchit la frontière du Nord de l’Italie, il quitte un territoire qui vient d’être cédé à la Yougoslavie et se trouve aujourd’hui en Slovénie. Sans le savoir, il a déjà mis la main dans l’engrenage qui va marquer cruellement l’histoire de sa descendance. Il a en effet travaillé à la Salonit, une fabrique de produits amiantés. Son frère ayant trouvé un emploi dans l’usine de Casale Monferrato, possession du même groupe industriel, c’est tout naturellement qu’il se dirige avec sa femme et ses cinq filles vers la petite ville piémontaise.</p>
<p>Romana se marie rapidement avec Mario Pavesi, un jeune Casalese qui travaille bien sûr chez Eternit, l’usine qui donne du travail. Pour les habitants de cette petite ville rurale entourée de collines plantées de vignes, c’est une aubaine : avoir un salaire qui tombe à la fin de chaque mois.</p>
<p>Un salaire payé au prix fort : en 1977, Mario Pavesi part en retraite, mais il est déjà atteint d’asbestose. En 1982, l’ancien ouvrier d’Eternit se voit diagnostiquer un mésothéliome de la plèvre, une maladie que seule provoque l’exposition à l’amiante. Mortelle en quelques mois. Il décède en 1983. C’est le premier d’une longue suite de deuils qui va dévaster la famille Blasotti : Romana va perdre au fil des ans sa sœur, sa cousine, son neveu et sa fille. Autant de victimes qui n’ont jamais mis les pieds dans l’usine : c’est ce qu’on appelle l’« exposition environnementale », qui continue de ravager Casale Monferrato. Aujourd’hui encore, alors que l’usine est fermée depuis 1986 , une cinquantaine de personnes, dont les deux tiers n’ont jamais franchi le portail de l’usine, y meurent de mésothéliome chaque année. Le pic de l’épidémie est prévu pour 2020.</p>
<p>En 1988, Romana Blasotti participe activement à la création de l’Association des familles des victimes, dont elle devient rapidement la présidente. A ce titre, en 2004, elle dépose plainte auprès du procureur de Turin, Raffaele Guariniello, avec le soutien de la CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro, principal syndicat italien). Le procureur de Casale, quant à lui, n’avait jamais bougé le moindre orteil devant les sollicitations des victimes. Romana Blasotti sera donc à Turin le 10 décembre, un jour qu’elle attend depuis plus de vingt ans (2).</p>
<p><strong>La ténacité d’un procureur</strong></p>
<p>La tenue du procès, les victimes de l’hécatombe la doivent avant tout à leur combat acharné, mais aussi à l’obstination du procureur de Turin. Guariniello a la constance de ceux qui se font une haute idée de leur métier. Dans les années 1970 déjà, comme le rapporte la journaliste suisse Maria Roselli (3), il n’hésite pas à s’intéresser de très près au mastodonte de l’industrie italienne, la Fiat. Gianni Agnelli, le patron de l’automobile, lui devra d’être entendu par la justice : un crime de lèse-majesté. Guariniello a mené des dizaines de procédures concernant la sécurité au travail. Mais quand, en 2001, il ouvre une enquête pour homicides par négligence, après la mort, une fois rentrés au pays, d’une douzaine d’ouvriers italiens qui ont travaillé dans les usines suisses d’Eternit, peut-être n’imagine t-il pas les difficultés qu’il va rencontrer. Ou peut-être si, après tout.</p>
<p>Passons sur les péripéties que rencontre sa demande d’entraide judiciaire effectuée auprès de l’Office fédéral suisse de la justice. Il n’obtiendra communication des dossiers médicaux et des adresses des anciens salariés italiens ayant travaillé en Suisse qu’après plusieurs années d’une bataille incessante, due aux tentatives d’obstruction d’Eternit et de l’Assurance suisse pour les maladies du travail, la Suva. Entre-temps, l’enquête s’est élargie : elle vise désormais les quatre usines italiennes d’Eternit, dont Casale Monferrato. Guariniello cherche méthodiquement, et il trouve, collectant près de trois mille dossiers de décès dans ces sites industriels, mais aussi dans les territoires proches.</p>
<p>Le procureur de Turin n’entend cependant pas limiter son investigation à la seule Italie et ne viser que les directeurs d’établissement. Il veut remonter jusqu’à la tête, et cette tête, en l’occurrence, est double. En août 2007, il clôture son enquête et transmet ses conclusions aux juges compétents afin que soit instruite une plainte contre les anciens propriétaires des établissements Eternit en Italie : le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny. Les avocats de ces derniers auront beau, lors des audiences préliminaires du printemps 2009, contester la compétence du tribunal et soulever toute une série d’exceptions en nullité de procédure, rien n’y fera. En juillet dernier, la juge Cristina Palmesino ordonne le renvoi des deux anciens magnats de l’amiante devant le Tribunal de Turin pour <span><em>« désastre sanitaire »</em></span>. Ils risquent douze ans de prison. Une fin de parcours que le dernier de la lignée des Schmidheiny n’avait sans doute jamais envisagée.</p>
<p><strong>Un industriel reconverti _dans le « développement durable »</strong></p>
<p>Chez les Schmidheiny, l’amiante est une histoire de famille qui réunit, du début du XXe siècle à nos jours, Jacob, Ernst, Max et enfin Stephan et son frère Thomas (4). Simple tisserand, Jacob l’ancêtre donne le coup d’envoi de la saga industrielle de la famille, à partir d’un petit canton de Suisse alémanique, avec l’achat d’une, puis de plusieurs briqueteries. Son fils Ernst se tourne très vite vers l’industrie du ciment, très prometteuse en ce début de XXe siècle. Il comprend également l’intérêt de se grouper en cartel pour éviter la chute des prix et mieux contrôler les marchés. En 1921, il préside le Conseil d’administration de ce qui deviendra Holcim, aujourd’hui encore l’un des principaux cimentiers du monde.</p>
<p>Mais cela ne lui suffit pas : l’invention récente de l’amiante-ciment, l’un des premiers matériaux composites mis au point, ouvre des perspectives vertigineuses pour un industriel. En 1920, il rachète l’usine Eternit de Niederurnen, qui produit des plaques, tôles et tuyaux en amiante-ciment. Désormais, le développement de l’empire sera fulgurant. En 1929, fidèle à sa volonté d’expansion internationale, il crée la Saiac (Sociétés associées d’industries amiante-ciment). Le contrôle de cet immense réseau d’entreprises s’effectue désormais depuis le petit canton suisse.</p>
<p>Max, qui succède à son père, va connaître l’apogée de l’empire : des usines dans seize pays, des participations dans des entreprises appartenant au groupe belge de la famille Emsens dans seize autres, le tout dans une opacité qui permet de se dédouaner de toute responsabilité civile. Max est aussi ambitieux que son père : sous le régime de l’apartheid, il crée en Afrique du Sud une première usine du nom d’Everite, puis prend 47% des parts d’Asbestos Investments, une holding à laquelle appartiennent les sociétés minières.</p>
<p>C’est enfin au tour de Stephan de reprendre le flambeau de la dynastie. Au milieu des années 1970, il a en charge toutes les usines Eternit de sa famille à l’étranger. Mais il doit faire face à une situation nouvelle : ici et là, l’amiante commence à être montré du doigt. Il est temps de prendre ses distances avant les mises en cause qui s’annoncent. Dès lors, les décisions se succèdent : à la fin des années 1980, il lâche les mines d’amiante d’Afrique du Sud, puis vend ses parts dans les sociétés mères du groupe belge.</p>
<p>L’interdiction de l’amiante en Suisse est imminente. Le signal est clair : les temps ont changé. Au début des années 1990, l’usine Everite est vendue, puis les usines suisses (à son frère), et enfin les usines à l’étranger. En 2003, Stephan cesse ses activités dans son entreprise. Cela fait presque dix ans qu’il a créé une nouvelle holding, Grupo Nueva, un trust baptisé Viva et une fondation du nom d’Avina. Désormais, Stephan Schmidheiny est devenu un philanthrope et se consacre au « développement durable »… Depuis 2004, il ne s’exprime plus en public au sujet de l’amiante. Le procès de Turin devrait lui permettre de retrouver la parole.</p>
<p><strong>Une première mondiale</strong></p>
<p>Si M. Schmidheiny a tiré un trait sur son passé, il n’en est pas de même pour les milliers de personnes qui se sont portées parties civiles. Ce chiffre, qui peut étonner, rassemble évidemment tous les ouvriers atteints d’une maladie due à l’exposition à l’amiante, mais aussi les familles mises au contact de la poussière mortelle par les bleus de travail rapportés à la maison. Les victimes se comptent aussi parmi tous ceux qui ont utilisé les produits amiantés fournis gratuitement et généreusement par Eternit : la firme a en effet distribué largement les rebuts et déchets de fabrication qui ont servi à empierrer les allées et ruelles de Casale et des environs. Enfin, se portent également parties civiles les personnes qui, même si elles ne sont pas (encore ?) malades, ont inhalé des poussières d’amiante et le savent. Vivant dans l’angoisse du diagnostic qui peut leur être signifié à tout moment, elles subissent un préjudice d’anxiété que confirment les enquêtes réalisées par les spécialistes en psychologie clinique.</p>
<p>Ces milliers de plaignants ont accueilli avec soulagement les motifs du renvoi des deux accusés devant le tribunal. Il est reproché à ces derniers de n’avoir pris aucune mesure de prévention destinée à protéger les travailleurs dans les quatre usines Eternit (systèmes d’aspiration, de ventilation, organisation du travail afin d’éviter les manipulations manuelles, appareils de protection individuelle, surveillance médicale et information sur les risques). Autre chef d’inculpation : avoir fourni à des particuliers comme à des collectivités des matériaux amiantés, avec comme conséquence une exposition incontrôlée à l’amiante, sans que quiconque ait été informé du danger. Enfin, le baron et le milliardaire doivent répondre du fait d’avoir omis d’organiser le nettoyage des vêtements de travail dans l’enceinte de l’usine, afin d’éviter l’exposition des familles. En résumé, tout porte à penser qu’ils sont responsables d’un véritable « disastro » qui se poursuit encore aujourd’hui.</p>
<p>Sans préjuger de ce que sera la défense de M. Schmidheiny, un argument développé lors de l’audience préliminaire permet de l’envisager. Plaidant l’incompétence territoriale du tribunal, ses avocats ont soutenu que toutes les décisions concernant les usines étaient prises en Italie, en l’occurrence chez Eternit SPA à Gênes. L’argument est connu : ce sont toujours les directeurs d’établissement qui sont incriminés, les hauts dirigeants des multinationales arguant du système de délégation de pouvoir pour s’estimer à l’abri de toute poursuite. Le procureur Guariniello s’est inscrit en faux contre cette allégation, apportant à l’appui de son analyse un certain nombre de lettres et de documents montrant que toutes les directives concernant l’organisation de la production et les mesures d’empoussièrement partaient de la maison mère à Niederurnen, et notamment de la société Amiantus créée à cet effet. Il a été suivi par les juges du Tribunal de Turin, et c’est ce qui vaut aujourd’hui aux deux industriels, enrichis pendant des décennies par la production et le commerce de l’amiante, de se retrouver sur le banc des accusés.</p>
<p>Il ne faut pas s’y tromper, ainsi que le souligne l’avocat français Jean-Paul Teissonnière, qui va défendre des parties civiles : <span><em>« Ce procès est très en avance sur le plan mondial. »</em></span> Loin de n’être qu’une procédure italienne, il est en quelque sorte « le contre-exemple de Bhopal », vingt-cinq ans après l’explosion en Inde de l’usine chimique de l’Union Carbide. Pour la première fois, des poursuites pénales mettent en cause des dirigeants de multinationales habitués à l’impunité. Ce procès dira si les industriels peuvent continuer à abandonner des usines avec leurs cortèges de morts et de malades, et à laisser en l’état des villes et des régions entières empoisonnées. Il s’agit bien d’une première, et nombreux sont ceux qui vont le suivre avec attention, en particulier en Asie et en Amérique Latine, continents où l’amiante continue ses ravages.</p>
<p>Patrick Herman</p>
<p>(1) Lire « Une foi aveugle dans le progrès scientifique », par Jacques Testart, <span><em>Le Monde diplomatique</em></span>, décembre 2005.</p>
<p><span>(2) Pour l’histoire de la famille Blasotti, lire Giampiero Rossi, </span><em>La lana della salamandra. La vera storia della strage dell’amianto a Casale Monferrato</em><span>, Ediesse / </span><em>L’Unità</em><span>, Rome, 2009.</span></p>
<p>(3) <span><em>In</em></span> Maria Roselli, <span><em>Amiante et Eternit. Fortunes et forfaitures</em></span>, éditions d’En Bas, Lausanne, 2008.</p>
<p>(4) Ibidem.</p>
<p><span><strong>Voir également « Poussière sur la ville »</strong></span>, reportage photographique à Casale Monferrato et à Condé-sur-Noireau, en Normandie (ancien siège de Ferodo), réalisé par Nanda Gonzague, avec un texte de Patrick Herman, dans le hors-série « photo » du mensuel <span><em>CQFD</em></span>, en kiosques.</p>
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		<title>MM. Schmidheiny, Cartier, Cuvelier…d&#8217;honorables patrons sur le banc des accusés</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 15:42:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>iselin</dc:creator>
		
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En cette fin d&#8217;année 2009, nous apprenons que les tribunaux italiens et français jugeront des chefs d&#8217;entreprises multinationales, très fortunées et considérées auparavant comme irréprochables.
Ce ne sont pas des escrocs, des criminels, des assassins, des massacreurs mais des employeurs apparemment honnêtes, entreprenants et respectés.
L&#8217;un d&#8217;eux nous est bien connu. Il est issu d&#8217;une grande famille suisse allemande dont l&#8217;immense fortune fut constituée en vendant à travers le monde du ciment (Holcim), de l&#8217;amiante et… de l&#8217;amiante-ciment (Eternit.). Il s&#8217;appelle Stephan Schmidheiny; il a 62 ans, il vit sous les Tropiques mais il continuait à diriger sa multinationale avant qu&#8217;une ...]]></description>
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<p class="MsoNormal"><span><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/logo-international.bmp"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="alignnone size-medium wp-image-545" title="logo-international" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/logo-international.bmp" alt="" /></a><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/devant-le-palais-de-justice.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="alignnone size-medium wp-image-542" title="devant-le-palais-de-justice" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/devant-le-palais-de-justice.jpg" alt="" width="139" height="92" /></a><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/logo-des-associations-de-victimes.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="alignnone size-medium wp-image-540" title="logo-des-associations-de-victimes" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/logo-des-associations-de-victimes.jpg" alt="" width="139" height="96" /></a></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/logo-des-associations-de-victimes.jpg"  rel="lightbox[roadtrip]"></a>En cette fin d&#8217;année 2009, nous apprenons que les tribunaux italiens et français jugeront des chefs d&#8217;entreprises multinationales, très fortunées et considérées auparavant comme irréprochables.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce ne sont pas des escrocs, des criminels, des assassins, des massacreurs mais des employeurs apparemment honnêtes, entreprenants et respectés.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>L&#8217;un d&#8217;eux nous est bien connu. Il est issu d&#8217;une grande famille suisse allemande dont l&#8217;immense fortune fut constituée en vendant à travers le monde du ciment (Holcim), de l&#8217;amiante et… de l&#8217;amiante-ciment (Eternit.). Il s&#8217;appelle Stephan Schmidheiny; il a 62 ans, il vit sous les Tropiques mais il continuait à diriger sa multinationale avant qu&#8217;une interdiction de l&#8217;amiante ne mette fin à ce marché de la mort.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>En Suisse il dirigeait les usines Eternit de Niederurnen et de Payerne entre 1975 et 1990 où plus de 6&#8242;500 salarié·e·s ont été exposé-e-s à l&#8217;amiante. Mais il contrôlait aussi plusieurs dizaines de fabriques à travers le monde dont en Italie, de 1966 à 1973, celles de Casale Monferrato, Cavagnolo, Rubiera, Bagnoli, Syracuse. C&#8217;est précisément ce dont il est accusé, ainsi que son acolyte belge Cartier de Marchienne, car, en Italie, ce sont près de 2900 plaignants qui ont été contaminés dont 900 en sont déjà morts. Les deux chefs d&#8217;entreprise seront donc jugés à Turin pour&#8221;<em>homicide par négligence et violation de règlements <span style="font-style: normal;"><span><em>concernant les maladies professionnelles </em></span><span>&#8220;, <span><strong>le procès s&#8217;ouvrant le 10 décembre prochain</strong></span><span>.</span></span></span></em></span></p>
<p class="MsoNormal"><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span>Des personnalités suisses (tel que Hans Rudolf Merz, longtemps conseiller personnel de S.Schmidheiny) et italiennes pourraient se voir également mises en accusation ainsi que les responsablesde la santé publique pour avoir fermé les yeux sur ce qu&#8217;il faut bien appeler &#8220;<em>un crime collectif <span style="font-style: normal;"><span><em>sur les lieux de travail</em></span><span>&#8220;.</span></span></em></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un autre procès pour « <strong><em>blessures et homicide <span style="font-style: normal; font-weight: normal;"><span><strong><em>involontaires </em></strong></span><span>» jugera en France Joseph Cuvelier, ancien directeur général d&#8217;Eternit France entre 1971 et 1994. En effet des centaines de travailleurs sont morts des suites de leur exposition à l&#8217;amiante dans l&#8217;une des cinq usines du groupe : Paray-le-Monial, Thiant , Caronte , Albi, Thiel et Rennes. </span></span></em></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><strong><em><span style="font-style: normal; font-weight: normal;"><span>Si ces chefs d&#8217;entreprise sont traînés devant les tribunaux, ce n&#8217;est pas tant parce qu&#8217;il ont porté atteinte à la santé de leurs salarié·e·s mais parce qu&#8217;ils l&#8217;ont fait en toute connaissance de cause. En effet, la nocivité de l&#8217;amiante leur était connue depuis plus d&#8217;un siècle lorsqu&#8217;ont été identifiés les premiers cas d&#8217;asbestose (calcification pulmonaire). Puis c&#8217;est à partir de 1950 que l&#8217;on sait que l&#8217;inhalation de fibres d&#8217;amiante provoque le cancer du poumon et ces alertes se sont aggravées lorsqu&#8217;en 1962, il fut prouvé que l&#8217;amiante et nul autre cancérigène, provoquait le cancer foudroyant de la plèvre (mésothéliome).</span></span></em></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ainsi, en prenant la direction des usines d&#8217;amiante ciment en Suisse, Italie et France, les trois accusés connaissaient pertinemment les risques mortels qu&#8217;ils faisaient courir à leur personnel et ils le leur ont délibérément caché tout en poursuivant l&#8217;exploitation de l&#8217;amiante pour leur propre profit.En Suisse par exemple, les Schmidheiny ont importé, après l&#8217;alerte de 1962, en toute impunité,deux fois plus d&#8217;amiante qu&#8217;auparavant ! Avant son interdiction en 1989 puis son abandon en 1994, l&#8217;importation d&#8217;amiante introduite en Suisse représentait une centaine de kilos par habitant !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>A la question de savoir quel est à ce jour le nombre de cancéreux malades ou décédés del&#8217;amiante parmi le personnel d&#8217;Eternit, les statistiques bafouillent. Autant le moindre cas de degrippe A (H1N1) dans le monde nous est signalé, autant des milliers d&#8217;ouvrier·e·s d&#8217;Eternit meurent dans l&#8217;indifférence la plus complète, ignorés des statistiques, des services publics et des assurances professionnelles, qui profitent de ce silence complice. On estime à deux ou trois cents le nombre annuel de décès dus à l&#8217;amiante en Suisse.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>C&#8217;est que l&#8217;amiante tue lentement mais sûrement. Les fibres microscopiques ayant pu pénétrer dansles voies respiratoires, étant inaltérables, les blessent jusqu&#8217;à ce que cancer s&#8217;ensuive. Cela peut durer jusqu&#8217;à 40 ans et ce sont ces même 40 ans qui se sont écoulés entre la connaissance du caractère hautement cancérigène de l&#8217;amiante et son interdiction en 1989 ! Pendant cette longue période de latence, les Schmidheinys et autres marchand canadiens d&#8217;amiante pouvaient prétendre que leurs produits étaient sans risques pour la santé !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>La vie de ceux et celles qui ont produit l&#8217;amiante-ciment, l&#8217;ont façonné et posé sur nos toits, nos façades, la vie de ceux qui souffrent le calvaire et meurent, n&#8217;a pas de prix. Ils auront perdu des années de vie professionnelle ou de retraite, les plus attendues par ceux et celles qui ont dû trimer toute leur vie.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Leurs proches ont souvent souffert autant qu&#8217;eux si ce n&#8217;est plus car ils sont restés en vie à devoir faire le deuil, souvent dépourvus de revenus, sans indemnisation, ni la moindre excuse des patrons meurtriers.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Leur condamnation pénale ne les soulagera pas pour autant; au contraire, les audiences raviveront les cauchemars qu&#8217;ils tentent d&#8217;oublier. Pourtant ces procès sont nécessaires. Si l&#8217;on évoque la responsabilité <span>des &#8220;<em>Pollueurs payeurs </em></span><span>&#8221; ne doit-on pas condamner et sanctionner les &#8220;<strong><em>Patrons <span style="font-style: normal; font-weight: normal;"><span><strong><em>meurtriers </em></strong></span><span>&#8221; ? Car si la pollution de la nature est un scandale, le fait que des hommes et de femmes meurent pour avoir dû gagner leur vie est le pire des crimes.</span></span></em></strong></span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ces procès – si la Justice veut bien rester impartiale – permettront de dévoiler la vérité, de prévenir de nouveaux crimes professionnels, de désigner les responsables parmi les innombrables patrons des entreprises à risque. Mais ceux-ci sont trop nombreux pour être jugés au cas par cas et à la petite semaine.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>A quand donc un &#8220;<strong><em>Tribunal pénal international <span style="font-style: normal; font-weight: normal;"><span><strong><em>du travail </em></strong></span><span>&#8221; que les sociétés industrielles devront mettre sur pied de toute urgence afin de traduire en justice les chefs d&#8217;entreprise internationaux responsables des morts au travail ?</span></span></em></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Lausanne 28 novembre 2009</span></p>
<p class="MsoNormal">télécharger le <a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/11/tract-caova-28-11-09.pdf">tract-caova-28-11-09</a></p>
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		<title>Procès de Turin : stand le 28 novembre à la Place de la Palud</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 17:11:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>iselin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Après la fin des audiences préliminaires du printemps, le procureur italien a confirmé le chef d&#8217;inculpation de &#8220;désastre intentionnel&#8221; contre les deux hauts responsables d&#8217;Eternit et le procès se poursuivra donc à partir du 10 Décembre 2009.
L&#8217;association CAOVA tient un stand le samedi 28 nov. à la Place de la Palud à Lausanne de 9.00h.à 14.00h pour informer la population du procès de Turin qui aura lieu le 10 décembre prochain. Nous aurons des panneaux et un tract pour la population qui reste totalement sous-informée de ce procès et du ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/12/caova-28-n0v.jpeg"  rel="lightbox[roadtrip]"><img class="size-medium wp-image-561 alignright" title="caova-28-n0v" src="http://caova.ch/wp-content/uploads/2009/12/caova-28-n0v-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Ap</strong><strong>rès la fin des audiences préliminaires du printemps, le procureur italien a confirmé le chef d&#8217;inculpation de &#8220;désastre intentionnel&#8221; contre les deux hauts responsables d&#8217;Eternit et le procès se poursuivra donc à partir du 10 Décembre 2009.</strong></p>
<p>L&#8217;association CAOVA tient un stand le samedi 28 nov. à la Place de la Palud à Lausanne de 9.00h.à 14.00h pour informer la population du procès de Turin qui aura lieu le 10 décembre prochain. Nous aurons des panneaux et un tract pour la population qui reste totalement sous-informée de ce procès et du rôle de Stephan Schmidheiny. Rappelons-le c&#8217;est le premier procès pénal sur l&#8217;amiante qui a lieu au niveau international et c&#8217;est important aussi pour la lutte que nous menons ici en défense des victimes de l&#8217;amiante.</p>
<p>Passez à notre stand dès 9h., nous vous attendons nombreux autour d&#8217;un café. Si vous êtes intéressé-e-s, vous pouvez venir vous inscrire pour aller à Turin, le 9 décembre. Nous organiserons le séjour, mais il faut s&#8217;inscrire rapidement (aussi par mail). Passez cette information plus loin</p>
<p>Pour CAOVA, le comité.</p>
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