Le Grand Conseil vaudois désavoué ?
Il y a plus de deux ans, le Comité d’aide aux victimes de l’amiante (CAOVA) déposait en mains
du Grand Conseil une pétition dûment étayée par un argumentaire détaillé et appuyée par près
de 3′000 paraphes.
Cette pétition, “Justice pour les victimes de l’amiante”, demandait que l’autorité cantonale
renforce les mesures de prévention des risques de l’amiante et soutienne les proches de ses
nombreuses victimes. Cette requête a été acceptée à l’unanimité du Grand Conseil le 30
octobre 2007 et réponse à nos demandes nous était promise dans un délai de trois mois.
Sans nouvelles du Conseil d’Etat, seize veuves de victimes de l’amiante adressaient en début
d’année un rappel à Mesdames les députées les priant de faire diligence, le nombre de
victimes ne cessant d’augmenter et les demandes de reconnaissance et de réparation
devenant de plus en plus laborieuses.
Le recours à la pétition au Grand Conseil, l’autorité suprême du Canton, est le seul moyen
légal de dénoncer un risque menaçant la santé de la population du Canton. Or plus de deux
ans après avoir utilisé ce moyen, la requête de milliers de signataires vaudois est restée lettre
morte.
Or, depuis le lancement de notre pétition, de nombreux travailleurs ont à nouveau été exposés
à l’amiante sur les chantiers sans qu’ils en soient informés ni protégés. Faute de prévention
sanitaire, les souffrances des malades, les décès par maladies professionnelles et les coûts
de la santé ne peuvent qu’exploser.
Entre temps, notre Comité a été sollicité pour soutenir et défendre les proches de huit (8)
nouveaux décès des suites de pathologies provoquées par l’amiante (essentiellement cancer
de la plèvre) et quatre (4) nouveaux malades de l’amiante. Ces cas connus de CAOVA ne
représentent malheureusement qu’une minorité des victimes.
Nous nous voyons donc dans l’obligation d’exiger que notre initiative citoyenne, son appui par
des milliers de personnes et son acceptation par l’ensemble des député·e·s soit prise en
considération et qu’une réponse de l’exécutif soit donnée formellement et dans les meilleurs
délais.
CAOVA, Lausanne, le 27 mai 2009

Réagir à l'article: