De la prison pour les dirigeants d’Eternit,
De la prison pour les dirigeants d’Eternit,
C’est ce que souhaite Nicola Pondrano, le secrétaire de la Bourse du Travail de Casale Monferrato, qui retient son émotion lui aussi en évoquant à l’entrée du tribunal « les dizaines et les dizaines de camarades de travail que nous avons portés en terre alors qu’ils avaient à peine dépassé la cinquantaine ». Ce sont trente années d’une lutte incessante et incertaine qui trouvent leur aboutissement en ce 10 décembre 2009. « C’est une journée historique », lance donc le syndicaliste à l’adresse de la foule aux banderoles colorées qui s’est massée sur l’avenue Giovanni-Falcone. Ce rassemblement aux marches du palais de justice est composé d’ouvriers de la Fiat et de ThyssenKrupp à Turin, de diverses délégations régionales italiennes mais aussi suisses, belges et françaises
C’est ce que souhaitent de nombreuses associations de victimes italiennes » C’est ce que souhaite Romana Blasotti, présidente de l’association des familles des victimes. Elle a perdu son mari, sa sœur, sa cousine, son neveu et sa fille. Des victimes qui n’ont jamais mis les pieds dans l’usine de Casale mais qui ont été touchées par exposition environnementale. Romana Blasotti attend ce jour depuis 20 ans. C’est ce que souhaitent aussi 50 membres du Caper Bourgogne qui exposent sur de grands panneaux noirs, 97 photos de travailleurs de Vitry-en-Charolais à qui « Eternit a offert l’éternité ». Ils souhaitent qu’un tel procès puisse avoir lieu en France. Les avocats Jean-Paul Teissonnière et Sylvie Topaloff s’y emploient qui, après la mise en examen de l’ex-patron d’Eternit France, Joseph Cuvelier, vont prochainement saisir le parquet pour des compléments d’enquête concernant notamment Valeo, Ferrodo, la DCN et les chantiers navals
C’est ce que souhaitent aussi les membres de l’association CAOVA qui étaient présents devant le Tribunal avec les photos des victimes en Suisse et ce slogan particulièrement frappant : « Monsieur Schmidheiny, nous vous attendons aussi en Suisse. »
Le procès a débuté avec la déclaration du Président du Tribunal : « Monsieur Cartier de Marchienne et Monsieur Schmidheiny ne seront pas présents, ils seront jugés par contumace «
La déception se lisait sur les visages. Mais la ténacité des 3000 plaignants et leur engagement qui leur a permis de dépasser tous les obstacles des avocats de la multinationale sera le garant d’une suite déterminante où les accusés devront enfin rendre compte de leur crime social.
En Suisse, à quand un tel procès ?



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