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La Suva reconnaît les plaques pleurales !Ne posez pas les plaques !

Soumis par sur 22 février 2014 – 1:05 Un commentaire | 3 488 vue(s)

Témoignage  de Fenu Clement né en 1947

Le 15 février 2014.
La Suva reconnaît les plaques pleurales ! Ne posez pas les plaques !
Je promène mon cocker deux fois par jour dans le bosquet voisin. C’est à peu près le
seul effort que je puisse faire. Au bas de l’escalier, je suis déjà épuisé. Mon souffle est à
57%. Mon état de santé est un véritable sac de nœuds dont, c’est pourtant clair pour moi,
le coupable tout désigné se nomme amiante.
Je suis né en 1947. Mon calvaire commence par une embolie pulmonaire avec
épanchement pleural, le 2 juin 2006. Mais cette grosse frayeur n’est pas directement
imputable au produit nocif que j’ai inhalé contre mon gré et manipulé durant des années,
d’abord à Fiez (VD), au pied du Jura, où j’ai grandi à côté d’une usine qui entreposait des
déchets de plaques d’amiante, puis travaillé comme apprenti, dans une menuiserie, à
installer des isolations et refaire des toitures. J’en ai posé des kilomètres carrés de
plaques d’Eternit que l’on travaillait sans aucune protection comme si c’était des planches
de bois.
On recevait les isolations en vrac, par sacs entiers, en laine d’amiante. Puis dans
d’autres entreprises du bâtiment en contact permanent de l’amiante jusqu’en 1991.
Avec les années, le diagnostic s’est précisé. On a dépisté au CHUV des « plaques
pleurales », soit des lésions de la plèvre dues à une exposition à l’amiante, qu’on voit
« comme le nez au milieu de la figure » et mes médecins ont déclaré mon cas auprès de la
SUVA, qui a ouvert mon dossier depuis 2006.
C’est sûr, je ne les ai pas attrapées sur une plage aux Caraïbes. Des douleurs intenses
sont désormais mon pain quotidien et surtout nocturnes.
Lorsque, la nuit, ces « coups de poignard dans la poitrine », se font trop intenses, je
m’assieds dans mon lit et branche des électrodes sur mon thorax. Toutes les trois heures
je dois prendre des anti-douleurs. Je ne veux pas en prendre des trop puissants, ils me
rendent « groggy ». Je veux affronter ma douleur les yeux ouverts pour essayer de vivre
décemment. Généralement, après une séance d’électrodes d’une heure et demie, je
retrouve le sommeil.
Si le lien de cause à effet entre les plaques pleurales et l’amiante est établi par les
médecins, celui entre ces plaques pleurales et les douleurs ne l’a pas été. C’est le propre
des plaques pleurales. Elles peuvent être asymptomatiques. Or, c’est en raison de ces
douleurs que je suis aujourd’hui incapable de travailler. C’est, pour le moment, l’assurance
invalidité (AI) qui me verse une rente, pendant que mon avocate, Me C.I. de CAOVA,
essaie de faire reconnaître mon cas comme « maladie professionnelle » auprès de la SUVA.
A 65 ans, ex-sportif aguerri, boxeur, judoka, cycliste, j’aimerais, c’est sûr, retrouver
mon souffle et faire taire les douleurs. Mais je redoute par-dessus tout qu’on m’annonce,
un jour, d’être atteint d’un mésothéliome. Ma rancune est aussi dirigée contre les
industriels de l’amiante. Ils n’ont pas fait ce qu’ils devaient faire. Même après 1989, date
de l’interdiction en Suisse, je posais encore des toits en Eternit. Et tous les bâtiments
n’ont, aujourd’hui encore, de loin pas été désamiantés.
Après de nombreuses années –six exactement–, la SUVA a enfin reconnu le
28.11.2012 ma “maladie” en tant que « maladie professionnelle » à part entière, mais
toujours sans me verser d’indemnités.
Pendant tout ce temps, avec le concours de mon pneumologue, on a pu continuer un
combat qui semblait perdu d’avance au vu de ce qui était “prédit” concernant les plaques
pleurales. J’ai eu beaucoup de chance pour le moment. Fortuitement, lors des
déplacements professionnels de mon pneumologue vivant à Paris, il s’est mis en contact
avec des spécialistes de l’amiante à Lausanne en Suisse, auxquels il a exposé mon cas.
Suite à cela, j’ai subi des examens plus approfondis et été mis en contact avec un
chirurgien du CHUV (Centre hospitalier universitaire vaudois), qui après s’être mis en
rapport avec un chirurgien en France, a pris la décision commune, avec mon
pneumologue et moi même, d’effectuer une intervention thoracoscopique afin d’effectuer
un “raclage” des plaques pleurales les plus importantes sur la plèvre.
Cette intervention a été effectuée une première fois en France à titre EXPERIMENTAL.
En Suisse, je suis le premier à l’avoir eue en septembre 2013. Je dois rencontrer le
chirurgien au mois de mars 2014 pour un compte rendu de l’intervention.
Apparemment, les douleurs ciblées se sont pour le moment atténuées, par contre, les
douleurs post-opératoires sont encore présentes.
Sachant aussi qu’au vu des nombreuses plaques pleurales présentes sur mes deux
poumons, le chirurgien me confirme que d’autres éventuelles interventions sont tout à fait
envisageables, car contrairement à ce qui était toujours prétendu, les plaques pleurales
PROGRESSENT, et d’autres douleurs peuvent apparaître.
C’est un grand pas en avant pour tous ceux qui comme moi sont dans la même
situation.
Je n’ai qu’un mot pour eux: TENEZ BON ET BATTEZ VOUS !
Un grand merci à l’Association CAOVA, qui sans son aide me laisserait encore
désemparé.
Clément Fenu, ce 15 février 2014.

temoignage-fenu-2014

Un commentaire »

  • FOUACE JEAN dit :

    OUI il Faut espérer.

    J’ai 80 ans passé; (06.07.1933) Atteint d’un mésotheliome, j’ai été sauvé par l’intervention chirurgicale du professeur Loic Lang au London Bridge Hospital et par la suite chimio et radiotherapie du centre anticancereux de Nice. (Antoine lacassagne)

    Cela fait 10 mois que je survi alors que j’étais condamné à deux mois maximum avant cette intervention

    vous etes un sportif et je le suis aussi, je vous signale que 8 mois apres mon opération j’ai effectué une randonnée de 100 km à vélo dans le temps de cinq heures. sur un parcours il est vrai ne comportant pas de difficultés majeures.

    Donc, jeune homme (pour moi) continuez à vous battre et aider toutes les victimes de l’amiante à s’en sortir.

    Bien sincèrement.

    Jean Fouace

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